Que sont les zones à faibles émissions (ZFE) ?
Il existe 2 types de Zones à Faibles Émissions : les ZFE et les ZFE-M. Il faut donc bien distinguer les deux pour comprendre l’utilité de ces mécanismes.
Les zones à faibles émissions (ZFE)
Les zones à faibles émissions (ZFE) ou Law Zone Emission (LFE) sont des zones géographiques spécifiques où l’accès aux véhicules les plus polluants est interdit. Selon les ZFE, vous pouvez circuler si votre véhicule respecte certaines normes d’émissions et/ou en vous soumettant à un péage.
Les zones à faibles émissions mobilité (ZFE-M)
Les Zones à Faibles Émissions – Mobilité (ZFE-M) sont des zones géographiques promouvant des modes de transport alternatifs à l’automobile à travers des politiques de mobilité durable.
- Promotion de la marche.
- Création de pistes cyclables.
- Amélioration du réseau de transport en commun.
- Promotion du covoiturage.
- Réduction de la vitesse de circulation des véhicules.
Synthèse
- Les ZFE se concentrent sur la régulation de circulation des véhicules polluants.
- Les ZFE-M encouragent des modes de déplacement plus respectueux de l’environnement.
- Les ZFE et ZFE-M permettent de réduire la pollution, la congestion routière et sont de plus en plus courantes dans les grandes villes du monde entier, notamment en Europe (Londres, Paris, Berlin, Madrid et Milan).

Image d’une artère routière polluée par Grafiklink via Midjourney
Réglementation régissant les ZFE
La réglementation régissant les zones à faibles émissions (ZFE) varie d’un pays à l’autre et même d’une ville à l’autre.
En général, les réglementations définissent les types de véhicules autorisés à circuler dans les ZFE, ainsi que les horaires d’accès et les éventuelles restrictions supplémentaires.
Certaines villes imposent aussi des frais d’accès aux ZFE pour les véhicules les plus polluants, tandis que d’autres proposent des incitations, telles que des réductions sur les frais de stationnement, pour encourager l’utilisation de transport collectif.
L’évolution de la réglementation sur les ZFE
Au fil des années, la réglementation sur les zones à faibles émissions (ZFE) a évolué pour tenir compte des progrès technologiques et de nouvelles connaissances sur les impacts de la pollution atmosphérique sur la santé publique.
Par exemple, les normes d’émissions pour les véhicules ont été renforcées, et de nouvelles catégories de véhicules, telles que les véhicules électriques et les véhicules à hydrogène, ont été ajoutées aux réglementations.
Notons que certaines villes ont étendu les zones concernées par les ZFE et ont introduit des mesures supplémentaires, telles que des restrictions sur les poids lourds et les véhicules utilitaires.

Image par Samuele Errico Pïccarini via Unsplash
Les ZFE, vecteurs d’exclusion sociales ?
Les zones à faibles émissions (ZFE) ont parfois été critiquées pour leur impact potentiel sur les classes moyennes et populaires.
Le coût des voitures électriques
Les personnes qui ne peuvent pas se permettre d’acheter des véhicules moins polluants peuvent être exclues des ZFE ; entraînant potentiellement des difficultés pour se rendre au travail ou accéder à d’autres services essentiels.
En effet, Les critiques soutiennent que les ZFE vont avoir un impact négatif sur les petites entreprises et les travailleurs indépendants. Ces derniers pourraient devoir investir dans de nouveaux véhicules onéreux et peu pratiques (préparation du parcours en fonction des points de recharge) pour pouvoir continuer à travailler dans les zones concernées.
Il faut aussi souligner que les communes rurales ou péri-urbaines ne bénéficient pas de réseau de transport collectif aussi développé que dans les grandes villes.
Or ce sont ces territoires les plus dépendants de la voiture dont les propriétaires sollicitent leur véhicule pour aller travailler dans les grandes villes.
Certaines villes ont mis en place des programmes d’aide financière pour aider les personnes à faible revenu à acheter des véhicules moins polluants.
Dans un article du 06 février 2023, Reporterre précise que même en cumulant tous les dispositifs d’aide (aides à la conversion, bonus écologique, prêt à taux zéro) ; le reste à charge pour passer d’un véhicule thermique à un véhicule électrique dépasse les 20 000 Euros ; ce qui n’est pas concevable pour une part importante des ménages.
En effet, lorsque l’on peine à pouvoir se nourrir convenablement, s’acheter un véhicule électrique n’entre pas dans les priorités de près d’⅓ des Français qui gagnent le SMIC ou moins.
Capital relève dans une enquête de l’IFOP publiée le 08 avril 2023 que :
- 79 % des Français gagnant le SMIC ou moins ont réduit leur achat alimentaire.
- 42 % des Français gagnant le SMIC ou moins ont supprimé un repas dans leur journée.
- 52 % des Français gagnant le SMIC achètent moins de fruits et de légumes.
Le coût de l’énergie
Ajoutons à cela, une explosion du coût de l’énergie lié à l’abandon de projet prometteur de centrale nucléaire de nouvelle génération, de conflits armés impliquant des pays exportateurs d’énergie.
Vous vous retrouvez avec un prix de l’électricité qui a poussé plusieurs centaines de PME à mettre la clé sous la porte.
On peine alors à imaginer les travailleurs indépendants et les particuliers pouvoir effectuer des recharges quotidiennes de leur véhicule électrique dans ces conditions.
De plus, soulignons que les recharges électriques ne sont soumises à la réglementation du tarif de l’électricité que lorsque vous disposez d’un dispositif de recharge à domicile. Ce qui sous-entend, de disposer d’une maison individuelle.
Est-ce le cas de tous les Français ?

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Critiques de la mise en œuvre des ZFE
Critique des coûts associés
Considérons que les ZFE ont des impacts financiers importants sur le budget de l’État et des collectivités territoriales et que ces budgets sont finalement financés par le contribuable, déjà oppressé fiscalement.
Voici quelques coûts structurels :
- Mise en place et maintenance des infrastructures de la 5G pour améliorer l’efficacité de la gestion de la circulation.
- Destruction d’infrastructures urbaines existantes et fonctionnelles pour en construire de plus écologiques ou adaptées.
- Création, amélioration et maintenance des infrastructures de transport en commun.
- Destruction de logements pour faire place à des parkings de covoiturages ou d’espaces végétalisés.
Critique liées à l’énergie
La perte de souveraineté énergétique de la France soulève une question centrale qui est l’approvisionnement en énergie.
En effet, la fermeture de centrale nucléaire dont l’électricité était totalement décarbonée a eu pour effet que pour la première fois depuis plusieurs dizaines d’années, la France a dû importer son électricité, notamment d’Allemagne.
Ironie de la situation, l’Allemagne et la France ont dû remettre en route des centrales à charbon ; on impose donc d’un côté les ZFE pour réduire les pollutions atmosphériques quand de l’autre côté, une part conséquente de l’énergie permettant d’alimenter les voitures électriques est carbonée.
Critique de la pollution déportée
Il faut prendre en compte que le véhicule électrique n’est pas exempt de problématiques puisqu’il nécessite pour sa construction 50 minerais dont 20 sont considérés comme critiques.
L’extraction et la purification de ces minerais nécessitent une grande quantité de machines et d’eau ; cela a un impact sur la pollution atmosphérique, la pollution des terres, la pollution des nappes phréatiques des pays qui fournissent ces minerais.

Image de la conceptualisation des connexions d’une ville par Grafiklink via Midjourney
Durabilité urbaine
La durabilité urbaine est un concept visant la création d’environnements urbains résilients, équilibrés et respectueux de l’environnement, répondant aux besoins des citoyens tout en préservant la planète pour les générations futures.
Les dispositifs de la durabilité urbaine sont :
La mobilité durable
Dispositifs de régulation de la circulation routière et de mise en place de mode de déplacement alternatifs à l’automobile.
Environnement sanitaire durable
Réduction de la pollution sonore et atmosphérique pour prévenir le stress et les maladies respiratoires et cardiovasculaires.
Économie durable
Encourager l’économie locale pour favoriser l’emploi et minimiser les déchets.
Énergie durable
Utilisation efficace des ressources par la mise en place de mobilier urbain peu gourmand en énergie et promotion des énergies vertes.
Planification urbaine durable
Minimisation de l’étalement urbain, favorisation des quartiers mixtes, création d’espace public végétalisés.
Inclusivité durable
Accès équitable à l’éducation, aux soins de santé et au logement, promotion de la diversité et la cohésion sociale.
Gouvernance durable
Implication active des citoyens, des entreprises et des municipalités dans les décisions du développement urbain durable.
Technologie et durabilité urbaine
La technologie joue un rôle clé dans l’amélioration de la durabilité urbaine.
- Les capteurs de pollution en temps réel permettent de surveiller les niveaux de pollution et d’ajuster les réglementations en conséquence.
- Les systèmes de gestion de la circulation réduisent les embouteillages et les émissions de gaz à effet de serre.
- Les véhicules électriques et à hydrogène offrent des alternatives plus propres aux véhicules à combustion interne.
- La 5G permettra un ajustement de la consommation énergétique granulaire et une qualité de communication améliorée.
- La voiture autonome pourrait réduire le nombre d’accidents routiers.

Image d’une ville futuriste par Grafiklink via Midjourney
Conclusion : La durabilité urbaine et l’importance des ZFE
Les zones à faibles émissions (ZFE et ZFE-M) jouent un rôle essentiel dans l’amélioration de la durabilité urbaine, en contribuant à réduire la pollution atmosphérique et à promouvoir des modes de transport plus respectueux de l’environnement.
Bien qu’il y ait des défis à relever et des critiques à considérer, les ZFE proposent des opportunités d’améliorer la santé publique et le confort de vie urbain.
Promouvoir la durabilité urbaine et stimuler l’innovation dans le secteur des transports n’aura de sens qu’avec une énergie bon marché et décarbonée.
Or, les crises énergétiques que nous vivons de plus en plus souvent ont démontré que les énergies renouvelables sont trop intermittentes pour garantir un accès à l’énergie sûre et bon marché, obligeant des pays à remettre en route des centrales à charbon.
À mesure que les villes adoptent le concept de durabilité urbaine dont les ZFE font partie et investissent dans les technologies connexes, la Smart City émerge progressivement.
- Les capteurs de pollution en temps réel.
- Les systèmes de gestion de la circulation.
- Les véhicules électriques et à hydrogène.
- La 5 G.
- La voiture autonome.
Ce sont autant de technologies qui pourraient être utilisées pour créer des villes plus intelligentes et plus durables.
En adoptant les ZFE et en investissant dans ces technologies, les villes peuvent se rapprocher de l’objectif ultime de devenir des Smart Cities.
Il est donc important de continuer à soutenir et à développer les ZFE et la durabilité urbaine, tout en travaillant à atténuer les inconvénients potentiels pour les travailleurs, les petites entreprises et tout un chacun.
Il faut pour cela, ne pas se précipiter, avoir une gestion pragmatique et non idéologique dans la mise en place de la durabilité urbaine et des politiques qu’elle sous-tend. En créant graduellement et avec le temps nécessaire les fondations de la Smart City.
En espérant que ces villes du futur ne seront pas vecteurs d’exclusion sociales pour ceux qui ne pourraient pas s’adapter pécuniairement à ces technologies.
Parce qu’il ne faut pas oublier que l’automobile a été et est encore un vecteur de liberté, permettant de se déplacer dans un espace non restreint comme chacun l’entend.
Empêcher des personnes de posséder un véhicule sur des critères financiers est forcément discriminant.
Découvrez cet article sur l’Histoire de l’Automobile.
Découvrez cette vidéo à l’avis incisif sur la voiture électrique de la chaîne YouTube Voiture & Ingénierie.
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